USA – RUSSIE – La fin du traité INF

USA – RUSSIE – La fin du traité INF

Donald Trump a annoncé, le 20 octobre 2018, que les Etats-Unis allaient se retirer du traité sur les armes nucléaires conclu avec la Russie pendant la guerre froide, accusant Moscou de le violer « depuis de nombreuses années ». Le traité INF (Intermediate Nuclear Forces Treaty) sur les armes nucléaires de portée intermédiaire avait été signé en 1987 par les dirigeants américain et soviétique de l’époque, Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev.

Ce traité, pour les forces nucléaires à portée intermédiaire (dit « traité FNI ») était devenu multilatéral après l’éclatement de l’Union soviétique (URSS), dans le texte, il « oblige les deux Etats à détruire tous leurs missiles balistiques et de croisière, lancés à partir du sol ayant une portée comprise entre 500 et 1 000 kilomètres et ceux dont la portée est comprise entre 1 000 et 5 500 kilomètres ».

Ce retrait est motivé par le « rêve » des Américains de dominer seuls le monde, avait réagi, en octobre dernier, une source au ministère russe des Affaires étrangères, en accusant Washington d’avoir « délibérément » sapé cet accord au fil des ans. Le traité INF (Intermediate Nuclear Forces Treaty) sur les armes nucléaires de portée intermédiaire avait été signé en 1987 par les dirigeants américain et soviétique de l’époque, Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev. « La Russie n’a pas respecté le traité. Nous allons donc mettre fin à l’accord et développer ces armes », avait annoncé le président américain, lors d’une visite à Elko, dans le Nevada (sud-ouest). « Nous n’allons pas les laisser violer l’accord nucléaire et fabriquer des armes alors que nous n’y sommes pas autorisés », avait martelé Donald Trump.

Ce retrait américain constitue le deuxième plus gros coup porté contre le système de stabilité mondiale. L’administration américaine se plaint du déploiement par Moscou du système de missiles 9M729, dont la portée selon Washington dépasse les 500 km, ce qui constitue une violation du traité INF. Ce traité, en abolissant l’usage de toute une série de missiles d’une portée variant de 500 à 5.500 km, avait mis un terme à la crise déclenchée dans les années 1980 par le déploiement des SS-20 soviétiques à têtes nucléaires ciblant les capitales occidentales. Washington « se rapprochait de cette étape depuis plusieurs années en détruisant délibérément et pas à pas la base de cet accord », avait affirmé la source du ministère russe des Affaires étrangères, citée par les trois principales agences de presse russes. « Cette décision entre dans le cadre de la politique américaine de retrait des accords internationaux légaux qui lui donnent autant de responsabilité qu’à ses partenaires et fragilise donc l’idée de sa propre exception », avait poursuivi cette source.

Le retrait américain « est le deuxième plus gros coup porté contre tout le système de stabilité mondiale », avait également affirmé un sénateur russe, Alexeï Pouchkov, le premier étant le retrait américain en 2001 du traité ABM sur les missiles antibalistiques. « Et encore une fois, ce sont les États-Unis qui prennent l’initiative de dissoudre l’accord », avait-t-il poursuivi sur Twitter.

Donald Trump a fait cette annonce alors même que son conseiller à la Sécurité nationale, John Bolton, s’apprêtait en octobre dernier à se rendre à Moscou pour « poursuivre » le dialogue controversé entamé en juillet 2018 entre le président des États-Unis et son homologue russe Vladimir Poutine. Le conseiller, connu pour ses positions fermes, avait notamment prévu d’y rencontrer le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le secrétaire du Conseil de sécurité Nikolaï Patrouchev.

Selon le Guardian, c’est John Bolton lui-même qui a fait pression sur le président américain pour un retrait du traité INF. C’est aussi lui qui bloque toute négociation pour une extension du traité New Start sur les missiles stratégiques, qui arrive à expiration en 2021 et que Moscou cherche à prolonger. Le retrait américain de l’INF pourrait avoir aussi Pékin en ligne de mire. La Chine, n’étant pas signataire, peut développer sans contrainte des armes nucléaires de portée intermédiaire.

Dans le détail, le traité INF, devenu multilatéral après l’éclatement de l’Union soviétique (URSS), oblige les deux Etats à détruire tous leurs missiles balistiques et de croisière, lancés à partir du sol ayant une portée comprise entre 500 et 1000 kilomètres et ceux dont la portée est comprise entre 1000 et 5500 kilomètres.

Le président Trump avait, pourtant, promis, avant son élection de renouer de meilleures relations avec la Russie. Des soupçons de collusion avec le Kremlin pèsent d’ailleurs sur son équipe de campagne depuis 2016. Un procureur spécial, Robert Mueller, enquête depuis plus d’un an sur ce dossier.

Le dernier dirigeant de l’URSS Mikhaïl Gorbatchev, à l’origine de la signature en 1987 du traité de désarmement, a pour sa part dénoncé le « manque de sagesse » du président américain actuel. Il a également appelé « tous ceux qui chérissent un monde sans armes nucléaires » à convaincre Washington de revenir sur sa décision, afin de « préserver la vie sur Terre ».