Afrique – La stratégie de la Chine

Afrique – La stratégie de la Chine

A l’échelle mondiale, les performances de la Chine ont été exceptionnelles. En 1300, l’économie chinoise était la première de la planète en termes de revenu par habitant. En matière de technologie, d’utilisation intensive des ressources naturelles, de capacité à administrer un vaste empire territorial, la Chine surpassait l’Europe. Toutefois, en 1500, le revenu réel par habitant ainsi que les capacités technologiques et scientifiques de l’Europe occidentale avaient dépassé ceux de la Chine. Du début des années 1840 au milieu du XXe siècle, les performances de la Chine ont en fait décliné, alors que d’autres pays dans le monde connaissaient d’importants progrès économiques. Au cours du dernier quart de siècle, la croissance économique de la Chine a été très rapide, et il est probable que ce processus de rattrapage se poursuive au cours du siècle actuel. En 2030, le revenu par habitant de la Chine dépassera probablement la moyenne mondiale, et la Chine sera de nouveau la première économie de la planète, comme ce fut le cas de 1300 à 1890.

La réémergence de la Chine en tant que puissance économique nous conduit à nous interroger sur son ascension et sa chute précédentes et sur les menaces intérieures et extérieures qui pèsent dans le futur immédiat sur cette superpuissance économique renaissante.

Sur le continent africain, la Chine connait ses premiers déboires, car la stratégie chinoise de financement de grands projets d’infrastructures, généralement regroupés sous l’étiquette de « nouvelles routes de la soie », montre ses premiers signes de faiblesses. Lancée il y a cinq ans par le président chinois, elle a rapidement associé une soixantaine de pays et permis de signer des centaines de contrats. Mais, depuis quelques mois, rien ne va plus. En Malaisie, au Pakistan, au Sri Lanka, au Népal, en Birmanie et maintenant en Sierra Leone, des projets sont rediscutés, voire annulés. A chaque fois, ce sont les conditions financières qui pêchent. En effet, l’ampleur des financements accordés par la Chine accroît le risque que soient financés des projets économiquement non viables qui pourraient notamment entraîner les Etats concernés dans des dérives d’endettement insoutenables en l’absence de gains de productivité ou d’activité suffisants.